39. QUAND TA VIE BOUGE, TON CORPS CHERCHE DES REPÈRES
Quelques repères simples à garder quand le sommeil, l’alimentation et le reste commencent à partir de travers.
Cette Revue, c’est un peu vous qui me l’avez demandée. Et ça me touche de vous l’envoyer un tard ce soir.
Cette semaine, je vous ai posé une question toute simple : qu’est-ce qui saute en premier quand vous partez quelques jours, changez de ville, dormez ailleurs ou traversez simplement une période où le rythme habituel n’existe plus ?
Vous avez été nombreux à répondre. Vraiment nombreux (merci grandement 🫶).
Et deux choses se sont très clairement détachées du peloton : le sommeil et l’alimentation.
J’ai lu des couchers complètement décalés, des nuits beaucoup plus légères, des repas sautés puis rattrapés n’importe comment, des fringales inhabituelles, l’impression de perdre toutes ses bonnes habitudes dès qu’on sort de chez soi. Et derrière certaines réponses, je sentais aussi autre chose : un système entier qui ne savait plus très bien où il habitait ni comment se poser.
Alors j’ai eu envie de vous écrire cette Revue.
Pas pour vous donner une routine parfaite à ajouter à celles que vous n’arrivez déjà pas à tenir.
Pour vous aider à garder quelques repères quand tout le reste secoue un peu fort.
D’ABORD : ARRÊTE DE VOULOIR TOUT SAUVER
Quand nos habitudes commencent à partir en sucette, le premier réflexe est souvent de vouloir les récupérer exactement comme elles étaient.
On veut manger pareil. Dormir aux mêmes heures. Faire les mêmes pratiques. Retrouver immédiatement son organisation habituelle.
Et quand ça ne marche pas, on a vite l’impression d’avoir « lâché ».
Je crois qu’on peut être beaucoup plus doux avec soi.
Quand tu changes de rythme, ton Corps aussi doit comprendre où il vient d’atterrir. Il y a de nouveaux horaires, de nouveaux bruits, parfois un nouveau lit, d’autres repas, davantage de monde, plus de sollicitude, plus de décisions à prendre aussi.
Tu n’as pas forcément perdu tes habitudes. Tu es juste dans un endroit où elles doivent apprendre une nouvelle forme.
L’idée n’est donc pas de tout maintenir. L’idée est de garder quelques appuis sur lesquels revenir.
Et puisqu’il y a deux sujets qui vous ont particulièrement préoccupés cette semaine, commençons par eux.
1. QUAND LE SOMMEIL SE DÉRÈGLE
Une mauvaise nuit dans un endroit différent ne signifie pas que tout ton sommeil est cassé.
C’est important de commencer par là.
Parce qu’une nuit moyenne peut vite produire un départ d’obsession : on calcule ce qu’on a dormi, ce qu’on devrait récupérer, l’heure à laquelle il faudrait absolument se coucher le lendemain… et on ajoute de la charge au mental et de la tension à un Corps ; alors qu’ils avaient justement besoin de l’inverse.
Alors plutôt que de focaliser sur le fait de devoir « réussir ta nuit » coûte-que-coûte, essaie simplement de recréer une descente.
Le lieu peut changer. L’heure peut changer. La durée aussi.
Mais tu peux essayer de répéter quelques petits signaux : ralentir la lumière, poser l’écran un moment, prendre une douche, respirer tranquillement, lire quelques pages, t’asseoir quelques minutes sans rien produire.
Quelque chose qui dit simplement :
« La journée est terminée. Tu peux arrêter de réagir au monde. »
Et si la nuit n’est pas parfaite, elle n’est pas ratée pour autant.
Le lendemain, évite simplement de transformer cette mauvaise nuit en journée entièrement abandonnée. Fais-toi confiance. Prends de la lumière, marche, mange correctement. Remets un peu de rythme. Tu aides déjà ton Corps à retrouver le chemin.
2. QUAND L’ALIMENTATION PART DANS TOUS LES SENS
Là aussi, je crois qu’on peut facilement se faire du mal en voulant reproduire exactement ce qu’on fait chez soi.
Évidemment que tu ne mangeras pas pareil dans ta cuisine, dans un train, chez des amis, dans un hôtel ou après six heures de cavalcade.
Alors ne cherche pas forcément la perfection.
Cherche le prochain vrai repas.
Un repas où tu choisis ce que tu donnes à ton Corps plutôt que de prendre uniquement ce qui passe par là. Quelque chose de frais, de vivant, de simple, qui remet un peu de netteté au milieu du brouhaha.
Et quand tu sais que la journée va être chaotique, prévois un ou deux aliments qui peuvent servir de filet de sécurité : quelques fruits, des oléagineux, quelque chose que tu connais et qui t’évitera d’arriver affamé au premier truc disponible.
Tu n’as pas besoin que toute ta journée soit exemplaire.
Un repas peut déjà remettre beaucoup de choses dans la bonne direction.
C’est aussi quelque chose que j’aime dans l’alimentation vivante : elle peut être extraordinairement simple quand on arrête d’essayer d’en faire une performance.
Un fruit reste un fruit après tout ; que ce soit à Paris, dans les Cévennes ou sur un quai de gare.
3. QUAND TU SENS QUE TOUT TON SYSTÈME S’AGITE
Plusieurs personnes m’ont parlé du sommeil et de l’alimentation, de leur digestion aussi parfois, mais derrière leurs mots, je reconnaissais aussi cette sensation plus difficile à nommer : se sentir un peu « décalé » sur tous les plans ou presque.
On devient plus irritable. On hésite davantage. On supporte moins le bruit. On mange sans faim ou on oublie de manger. On se sent fatigué mais on n’arrive pas à vraiment redescendre. Le système nerveux reste à un haut niveau d’alerte.
Dans ces moments-là, ne cherche pas forcément une grande pratique.
Cherche un petit repère connu.
Une marche de dix minutes. Trois respirations réellement prises. Une musique qui te berce. Quelques mouvements. Une boisson chaude. T’asseoir au calme avant de repartir.
Ça paraît presque trop simple.
Mais quand tout autour change, retrouver quelque chose de familier peut déjà redonner une sensation de retour au calme.
Tu es toujours là. Ton Corps aussi.
CONSTRUIS TON PETIT NOYAU TRANSPORTABLE
J’ai adoré quand cette expression m’est venue en réponse à un de vos commentaires cette semaine.
Ton noyau transportable, ce sont les quelques repères que tu veux pouvoir emporter avec toi même quand ta vie change de forme.
Pas quinze habitudes. Trois suffisent largement pour commencer.
Je te propose de choisir :
-
Une chose qui te nourrit,
-
Une chose qui t’aide à redescendre,
-
Une chose qui remet ton Corps en mouvement.
Et pour chacune, crée deux versions.
-
Ta version confortable, quand la journée te laisse de la place.
-
Et ta version minimale, quand c’est vraiment le bazar.
Par exemple, ton mouvement peut être une vraie séance quand tout va bien, et quinze minutes de marche quand la journée déborde.
Ton alimentation peut être plusieurs repas très vivants lorsque tu maîtrises ton environnement, et simplement un repas vraiment choisi lorsque tu ne maîtrises plus grand-chose.
Ce n’est pas une version au rabais.
C’est ta façon de rester relié.
Une habitude solide sait rétrécir sans disparaître.
Je crois que c’est la phrase que j’ai le plus envie de vous laisser cette semaine.
SI TU GALÈRES, VIENS ME LE DIRE
Il y a quelque chose qui m’a énormément touché ces derniers jours.
Vous m’avez raconté vos vraies vies, vos vrais enjeux.
Pas des problèmes théoriques. Mais des nuits mauvaises, des repas impossibles à organiser, des journées où tout se dérègle, des Corps qu’on aimerait mieux comprendre.
Et j’ai commencé à vous répondre.
Parfois assez longuement. Parfois en posant une autre question. Et parfois même avec ce qui ressemblait franchement à un mini-coaching improvisé, directement dans les commentaires.
J’ai adoré ça 💛.
Parce que je crois profondément qu’on a besoin de davantage d’endroits où on peut simplement dire : « Là, je sais plus trop comment faire. »
Sans avoir honte. Sans avoir déjà trouvé les bons mots.
Alors surtout : continuez.
Si quelque chose vous échappe en ce moment, racontez-moi.
Je ne pourrai évidemment pas tout résoudre dans un commentaire, mais parfois une autre manière de regarder le problème permet déjà de respirer un peu mieux.
LE PETIT GESTE DE CE WEEK-END
Prends cinq minutes.
Écris trois choses que tu aimerais garder quand ta journée ou ton environnement change :
-
Pour me nourrir : …
-
Pour redescendre : …
-
Pour remettre mon Corps en mouvement : …
Puis écris sous chacune sa version légère.
Et garde ça dans tes notes, dans ton sac ou sur ton téléphone.
Pas comme un nouveau programme. Plutôt comme un petit joker pour les jours où tu te perds un peu.
À GARDER CETTE SEMAINE
Quand tout bouge autour de toi, tu n’as pas besoin de tout contrôler. Tu as surtout besoin de savoir où et comment revenir.
J’espère sincèrement que cette Revue pourra t’aider la prochaine fois que ton rythme partira un peu de travers.
Et si, en la lisant, tu te rends compte que ton problème dépasse largement un mauvais repas ou quelques mauvaises nuits, viens donc m’en parler.
Je peux simplement t’écouter, regarder avec toi ce qui se passe et voir si je peux t’aider à retrouver un peu de clarté.
Et si tu préfères commencer tranquillement de ton côté, tu peux aussi répondre à mon quiz de 9 questions pour regarder où ça coince aujourd’hui entre ton Corps, ton rythme et la direction que tu voudrais retrouver :
🌱Dada
PS : Cette semaine, j’ai aussi enfin commencé à parler face caméra. Deux premières vidéos un peu fébriles, une troisième avec un bien meilleur son, beaucoup de plaisir, et une immense envie de continuer à explorer tout ça avec vous. Si tu veux me retrouver aussi de cette manière, c’est ici : Mon compte YouTube.
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Chapitre 40 : SOIS ÉGOÏSTE (Nouveau format !)
(Chp 40) CETTE SEMAINE, JE VAIS TE DEMANDER D’ÊTRE ÉGOÏSTE.
TU ÉTAIS OÙ PENDANT TON DÉJEUNER ?
CHAPITRE 39 : GARDER L’ESSENTIEL
38. Non, tu n'es pas en retard.
CHAPITRE 38 OFFERT : ENTRE DEUX PEAUX
37. CE QUI VOUS ÉPUISE N’EST PAS CE QUE VOUS CROYEZ
36. TON CORPS N’A PAS BESOIN DE CRIER
35. Le problème de la rentrée, c’est qu’on replonge dedans la tête la première
34. TON CORPS N’EST PAS UN CHANTIER.
33. NOS REFUGES NOUS RENDENT AU MONDE
32. Ta réussite n’est-elle pas en train de bouffer ton corps ? (N°1)
[S32] TON CORPS N’EST PAS PARESSEUX
31. Je suis en train de construire un Studio pour le Vivant...
Semaine 31 en cours : La grande décompression
30. Courir moins, et trouver plus de sens
[29] JE NE CHERCHE PAS UNE AUDIENCE
[28] Tu n’as pas besoin de changer de vie.