34. TON CORPS N’EST PAS UN CHANTIER.
Cette semaine, j’ai fait danser des articulations, cherché des protéines sur un brocolis, fait couler de la pastèques de partout, et rappelé que le Corps n’est ni un ennemi ni un stagiaire à redresser.
Ça pourrait ressembler à un sérieux manque de ligne éditoriale.
Et pourtant, tout venait du même endroit.
D’une phrase que j’ai écrite presque innocemment en préparant le nouveau Chapitre de Continuum* : Ton Corps n’est pas un chantier.
Cette phrase ne m’a pas quitté de toute la semaine.
Parce que si on regarde bien la façon dont on parle du Corps aujourd’hui, ça ressemble quand même souvent à un devis de rénovation.
Il faudrait perdre ici.
Corriger ça.
Raffermir là.
Mieux dormir.
Mieux manger.
Optimiser ceci.
Respirer mieux.
Avoir plus d’énergie.
Faire baisser son stress.
Ralentir son vieillissement.
Et si possible avoir terminé avant fin septembre.
On appelle ça « prendre soin de soi ».
Mais parfois, je me demande si on n’est pas surtout devenu très fort pour se regarder comme quelque chose qui n’ira jamais assez bien.
🪜 LE GRAND SUJET
À QUEL MOMENT EST-ON DEVENU DES TRAVAUX EN COURS ?
Évidemment qu’on peut vouloir changer.
Perdre du poids. Retrouver de l’énergie. Être plus mobile. Se sentir mieux dans ses vêtements. Dormir correctement. Sortir d’habitudes qui nous épuisent.
Je passe moi-même une bonne partie de mon temps à accompagner ce genre de transformations.
Le problème n’est pas le changement. C’est l’endroit depuis lequel on le demande.
Il y a une différence immense entre :
Je veux prendre soin de mon Corps.
et :
Je prendrai enfin soin de moi quand mon Corps sera devenu acceptable.
La première phrase ouvre une relation.
La seconde ouvre un chantier.
Et sur un chantier, on cherche les défauts.
On mesure.
On compare.
On corrige.
On arrache ce qui dépasse.
On veut des résultats.
Puis, étrangement, une fois les travaux terminés, on trouve souvent une nouvelle fissure.
Alors peut-être qu’avant de demander au Corps ce qu’il pourrait devenir, on pourrait recommencer par une question beaucoup plus simple :
Comment est-ce que je vis avec toi aujourd’hui ?
🌱 LE POINT VIVANT
ÉCOUTER N’EST PAS RENONCER
Il y a un piège dans cette idée.
On pourrait entendre :
« Bon, alors j’accepte tout, je ne change rien et je fusionne avec mon canapé. »
Ce n’est pas du tout ce que je raconte.
Cette semaine, dans Continuum*, on a justement exploré les endroits où ça coince.
Épaules.
Poignets.
Hanches.
Genoux.
Chevilles.
Mais plutôt que d’ordonner au Corps d’aller plus loin, on lui a posé une question :
Jusqu’où ça a envie de danser aujourd’hui ?
Et ça change beaucoup de choses.
Une limite n’est pas forcément une frontière définitive. Elle peut être une information. Aujourd’hui, ça va jusque-là.
On respire.
On écoute.
On essaie un millimètre.
Peut-être que demain le Corps proposera autre chose.
Danser avec ≠ forcer contre.
Je trouve que cette petite équation dépasse largement le mouvement.
Elle vaut pour l’alimentation. Pour le travail. Pour la fatigue. Pour les changements qu’on voudrait tellement accélérer.
On peut avoir une direction très claire sans déclarer la guerre à l’endroit depuis lequel on part.
🎵 L’EXPÉRIENCE DU WEEK-END
UNE CHANSON. AUCUNE RÈGLE.
J’ai envie de te proposer une expérience vraiment simple.
Choisis une chanson que ton Corps aime. Une chanson que tu as envie d’entendre.
Monte le son. Et pendant toute sa durée, laisse ton Corps décider.
Il peut danser.
S’étirer.
Secouer les épaules.
Bouger à peine.
Faire quelque chose de parfaitement disgracieux que TikTok adorerait.
Il n’y a rien à réussir.
Quand la chanson s’arrête, reste immobile quelques secondes.
Et demande-toi :
Quel mouvement ai-je envie de garder ?
Peut-être que prendre soin de son Corps commence parfois exactement là.
En découvrant ce qu’il fait lorsqu’on arrête momentanément de lui donner des ordres.
🍉 LE TRUC À MANGER
L’ÉTÉ N’A TOUJOURS PAS QUITTÉ MON RÉFRIGÉRATEUR
Je dois quand même faire un point sur la situation.
Ma relation avec la pastèque s’est intensifiée.
Cette semaine, elle a obtenu la dernière page du nouveau mini-mag Continuum* avec une recette dont le nom donne une indication assez précise sur l’énergie qu’elle envoie :
PASTÈQUE BOUM BOUM.
Pastèque bien fraîche.
Citron vert.
Menthe.
Une pointe de douceur.
Fleur de sel.
Grenade.
On mélange avec les mains et on sert le tout directement dans la demi-pastèque évidée.
C’est frais, juteux, excessivement estival et ça n’a absolument aucune ambition de devenir un « dessert healthy ».
C’est juste très bon.
Et je crois que c’est aussi une chose qu’on oublie dans notre immense chantier de la santé :
le plaisir n’est pas nécessairement la récompense qu’on obtient après avoir bien fait.
Il peut faire partie de la façon dont on prend soin de Soi.
(relis cette phrase ☺︎)
🖤 CE QUE J’AIMERAIS QU’ON GARDE
On peut vouloir perdre 10 kilos sans détester les 10 kilos qu’on porte aujourd’hui.
On peut vouloir retrouver de l’énergie sans mépriser sa fatigue.
On peut vouloir devenir plus mobile sans humilier un genou qui coince.
On peut changer son alimentation sans transformer chaque assiette en examen.
On peut prendre une direction exigeante et rester profondément doux dans la manière d’y aller.
C’est même peut-être là que les transformations commencent à devenir pérennes.
Quand le Corps cesse d’être l’objet du projet.
Et redevient le partenaire du voyage.
(relis ça aussi ☻)
Alors ce week-end, avant d’ajouter une nouvelle chose à améliorer, je te propose une question :
Qu’est-ce que tu pourrais arrêter d’exiger de ton Corps ?
Pas pour abandonner.
Pour voir ce qui devient possible quand la relation change.
Ton Corps n’est pas la maison que tu habiteras lorsque les travaux seront terminés.
Tu habites déjà dedans.
Alors autant commencer à y vivre en harmonie.
🌱Dada
PS :
Le Chapitre Continuum* de cette semaine s’appelle DANSE AVEC CE QUI COINCE.
16 pages de mouvement, de Corps, de fruits, de jeu, de Pêche Melba à faire fondre les murs, et d’une quantité tout à fait déraisonnable de pastèque.
Les membres peuvent entrer dans le Chapitre depuis leur Portail.
Et si tu veux voir ce qu’il donne, tu peux y accéder pour le parcourir ici (c’est cadeau) :
→ Je veux feuilleter le mini-mag
Si cette Revue t’a fait penser à quelqu’un qui passe son temps à essayer de « réparer » son Corps, transfère-la lui.
Ça sera peut-être une jolie façon de lui rappeler qu’on peut aussi commencer par l’habiter.
La revue Vivante (abonne-toi et rejoins la tribu)
Quelque chose est en train de changer 🌱
Chapitre 40 : SOIS ÉGOÏSTE (Nouveau format !)
(Chp 40) CETTE SEMAINE, JE VAIS TE DEMANDER D’ÊTRE ÉGOÏSTE.
39. QUAND TA VIE BOUGE, TON CORPS CHERCHE DES REPÈRES
TU ÉTAIS OÙ PENDANT TON DÉJEUNER ?
CHAPITRE 39 : GARDER L’ESSENTIEL
38. Non, tu n'es pas en retard.
CHAPITRE 38 OFFERT : ENTRE DEUX PEAUX
37. CE QUI VOUS ÉPUISE N’EST PAS CE QUE VOUS CROYEZ
36. TON CORPS N’A PAS BESOIN DE CRIER
35. Le problème de la rentrée, c’est qu’on replonge dedans la tête la première
33. NOS REFUGES NOUS RENDENT AU MONDE
32. Ta réussite n’est-elle pas en train de bouffer ton corps ? (N°1)
[S32] TON CORPS N’EST PAS PARESSEUX
31. Je suis en train de construire un Studio pour le Vivant...
Semaine 31 en cours : La grande décompression
30. Courir moins, et trouver plus de sens
[29] JE NE CHERCHE PAS UNE AUDIENCE
[28] Tu n’as pas besoin de changer de vie.