31. Je suis en train de construire un Studio pour le Vivant...
… et j’ai presque oublié d’aller le vivre.
Cette semaine, j’ai fait quelque chose d’assez immense. J’ai commencé à construire le Studio DADA. Un véritable studio éditorial consacré à Continuum*, avec une mission qui me remue profondément :
Rendre le Vivant irrésistible.
Je veux transformer les idées en expériences.
Les recettes en scènes.
Les exercices en défis.
Les Chapitres en mondes dans lesquels on aura envie d’entrer.
Je suis tellement emballé par cette vision que j’y travaille d’arrache-pied depuis des semaines. Des mois. Un an dans 15 jours exactement. (pfiuuu…)
Je m’y remets tôt chaque matin ou presque. Et termine tard chaque soir. Très tard. Assez tard pour que l’amoureux du sommeil, du corps, de la Nature et des rythmes vivants commence à ressembler à un cadre supérieur enfermé dans un open space imaginaire.
Magnifique cohérence.
La petite note de service du corps
Je sais pourquoi je fais ça.
Je veux poser mes outils avant la rentrée. Je sens que c’est le bon moment pour fournir de grandes fourchées. Cette fougue créative n’est pas un problème à corriger. Elle construit quelque chose qui compte énormément pour moi.
Mais pendant que mes projets avançaient, d’autres choses ont doucement reculé :
↘︎ Les sorties.
↘︎ Les baignades.
↘︎ Le mouvement.
↘︎ Les messages.
↘︎ Les moments partagés.
↘︎ L’heure raisonnable pour aller me coucher.
Et une sensation a commencé à se manifester dans mon corps. Quelque chose qui ne circulait plus très bien. J’étais en train de construire un univers consacré au Vivant tout en me coupant provisoirement de ce qui me fait me sentir vivant.
Le premier Chapitre du Studio DADA venait de trouver sa matière. Ce sera LA GRANDE DÉCOMPRESSION.
À force de tout porter
Je ressens également cette tension chez plusieurs personnes que j’accompagne ou que je lis. Les charges ne sont pas uniquement pratiques.
Il y a ce qu’on doit faire.
Ce qu’on pense devoir faire.
Ce que l’entourage attend.
Ce qu’on n’ose pas dire.
Les décisions repoussées.
Les émotions retenues pour que la journée continue.
Les conversations qu’on rejoue mentalement.
Et même quand les vacances arrivent, on trouve parfois le moyen d’en faire une nouvelle performance.
Il faut profiter.
Se reposer.
Voir les bonnes personnes.
Accumuler des souvenirs.
Revenir transformé.
Avec un teint lumineux. Et hâlé si possible.
On se prend beaucoup trop la tête.
Tout lâcher n’est pas toujours possible
Face à cette saturation, on entend souvent qu’il faudrait lâcher prise. Très bien. Mais certaines choses doivent réellement être portées.
Une famille.
Un travail.
Un projet.
Une période compliquée.
Une personne qu’on accompagne.
Le Chapitre 31 ne demandait donc pas de tout lâcher. Il a proposé autre chose :
Remettre la Vie en circulation.
Entre la tête et le corps.
Entre l’intérieur et le dehors.
Entre la solitude et les autres.
Entre la production et l’expérience.
Entre ce qu’on garde et ce qu’on peut enfin exprimer.
Parfois, la charge reste présente. Mais on cesse de rester immobile dessous.
Les onglets invisibles
Quand on passe rapidement d’une tâche à l’autre, une partie de l’attention peut rester accrochée à ce qu’on vient de quitter. La recherche parle de résidu attentionnel(Sophie Leroy, 2009).
On a changé de dossier, mais tout notre esprit n’a pas encore suivi. C’est peut-être ce qui donne parfois cette sensation d’avoir quinze onglets d’ouverts, même quand l’écran est éteint.
Une transition peut alors devenir un geste important :
-
noter où on s’arrête ;
-
fermer ce qui peut l’être ;
-
expirer ;
-
marcher quelques pas ;
-
changer de pièce ;
-
regarder au loin ;
-
nommer ce qu’on commence.
Ce n’est pas spectaculaire. Mais le Vivant travaille souvent dans ces passages minuscules.
Le corps reprend le micro
Cette semaine, j’ai proposé aux membres de demander à leur corps :
Si tu pouvais choisir la suite pendant huit minutes, que ferais-tu ?
Pas pour les trois prochaines semaines, ni dans une vie idéale.
Pendant huit minutes.
Marcher.
S’étirer.
S’allonger.
Danser.
Nager.
Respirer dehors.
Simple.
Le corps n’a pas toujours besoin d’un programme complet. Il a parfois simplement besoin de ne plus être le stagiaire oublié de notre cerveau.
Le droit de jouer
Le jeu est devenu essentiel dans ce Chapitre. Parce qu’on ne peut pas produire une Traversée très sérieuse sur la nécessité d’arrêter de se prendre la tête.
Ce serait une prouesse éditoriale, mais une assez mauvaise expérience.
Alors j’ai plutôt créé :
-
des Cartes de Circulation ;
-
un défi parfaitement inutile ;
-
des modes Chaos, Réel et Rituel ;
-
un pique-nique ;
-
et un Joker intitulé FOUTEZ-MOI LA PAIX.
Le jeu ne nie pas ce qui pèse. Il recrée un espace qui n’appartient pas entièrement au problème. Et dans cet espace, quelque chose peut recommencer à bouger.
Ton expérience du week-end
Choisis ton format.
Mode Chaos · 90 secondes
Pose ce que tu tiens.
Regarde au loin.
Expire trois fois.
Fais dix pas.
Mode Réel · 8 minutes
Sors marcher sans contenu dans les oreilles.
Laisse les bras bouger.
Regarde quelque chose qui ne demande rien.
Mode Rituel · 15 minutes
Marche cinq minutes avec tes pensées.
Puis cinq minutes avec tes sensations.
Enfin, garde cinq minutes pour cette question :
Qu’est-ce que j’ai envie de retrouver quand je rentre ?
Si une personne te vient, envoie-lui un message.
La recette qui va te donner envie de sortir
Prends quelques feuilles de romaine.
Mélange une mangue, un concombre et un avocat coupés en dés avec du citron vert, de la menthe et une pincée de sel.
Transporte la garniture dans un bocal.
Trouve un arbre, une rivière, un balcon, un parc ou une fenêtre grand ouverte.
Garnis les feuilles au dernier moment.
Et mange avec les doigts.
Tu peux appeler ça des bateaux de romaine mangue-avocat. Tu peux aussi appeler ça une excellente raison de quitter ton bureau.
Ce qu’on emporte
On n’a pas besoin de transformer chaque prise de conscience en nouvelle règle. Choisis simplement une porte à garder ouverte :
-
bouger entre deux tâches ;
-
sortir avant de saturer ;
-
répondre plus simplement ;
-
protéger une soirée ;
-
manger dehors ;
-
appeler quelqu’un ;
-
utiliser le Joker.
La mienne est d’aller me baigner avant que mon cerveau transforme cette décision en stratégie de contenu sur quatorze semaines.
Et la tienne ?
Réponds-moi avec la chose que tu aimerais remettre en circulation. Tu peux répondre à ce mail directement (ou m’interpeler sur les réseaux, ça marche bien aussi).
Si tu veux découvrir Continuum* et traverser les prochains Chapitres avec nous, écris-moi simplement CONTINUUM.
On vient à peine d’ouvrir les portes du Studio. Mais je sens déjà qu’un monde est en train de naître. Et le prochain Chapitre commence lundi.
🌱Dada
La revue Vivante (abonne-toi et rejoins la tribu)
33. NOS REFUGES NOUS RENDENT AU MONDE
32. Ta réussite n’est-elle pas en train de bouffer ton corps ? (N°1)
[S32] TON CORPS N’EST PAS PARESSEUX
Semaine 31 en cours : La grande décompression
30. Courir moins, et trouver plus de sens
[29] JE NE CHERCHE PAS UNE AUDIENCE
[28] Tu n’as pas besoin de changer de vie.
#27. QUAND LES CORDES SE REJOIGNENT
Le corps se retire parfois avant même qu’on s’en rende compte
Tu peux prendre un peu plus de place
Cette semaine Fred a ouvert la porte. Et c’est déjà une belle leçon.
Je sens que quelque chose prend peau
Avant de chercher PLUS d’énergie, commence par en perdre MOINS. (NL 23)
Ta paix n’est pas un luxe. C’est ton bureau des admissions.
Tu n’as pas à (te) prouver que tu vas mieux
Le self-care en mode contrôle fiscal, c’est stop
Cette semaine, on évite de se traiter comme un problème à régler.
#20. On peut être en feu sans se brûler
Le Vivant qui me plaît n’a pas besoin de paillettes