Transformer ses émotions en matière intérieure
Ta Revue Vivante #18 · Temps de lecture : 8 min
Ce soir, le corps sait.
Il sait la journée dense, le mouvement retrouvé, l’attention donnée jusqu’au bout. Il sait les gestes précis, les assiettes qui sortent, les questions autour de la table, les regards qui s’ouvrent. Il sait aussi ce calme un peu rare qui revient après une intensité juste.
Il y a des journées qui vident. Et puis il y a celles qui déplacent quelque chose, remettent de l’air, rappellent une évidence qu’on avait un peu oubliée.
Cette semaine, j’ai senti ça très fort.
Au programme de cette Revue :
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Ce que cette journée a réveillé
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Pourquoi certaines fatigues reposent plus qu’elles n’épuisent
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Ce que le cru m’a encore appris du Vivant
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Un exercice pour accompagner la redescente
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Une recette pour soutenir le lâcher-prise
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La petite porte ouverte pour la suite
1. Quand ça circule, ça nourrit plus large que prévu
Cette semaine, il y a eu du speed, de l’exigence, de la précision, de la présence. Il y a eu aussi ce repas, ce cadre pro et décontracté à Montpellier, les échanges, les questions, les assiettes vivantes, les couleurs. Et les réflexes, revenus comme s’ils n’étaient jamais partis bien loin.
Et au milieu de tout ça, quelque chose de très simple m’est revenu :
quand ce qu’on donne est juste, le corps ne raconte pas la même histoire.
Il peut être fatigué, oui. Mais il ne se sent pas forcément abîmé. Et il peut être rincé sans se sentir vidé.
Je crois que c’est ça que j’ai traversé ces derniers jours. Une remise en circulation plutôt qu’un exploit.
Comme si une pas si vieille partie de moi, très vivante, très engagée, très heureuse de faire ça, avait repris sa place sans demander la permission.
2. Il y a des fatigues qui tassent. Et d’autres qui reposent l’âme.
On parle souvent de fatigue comme d’un échec. Mais le corps, lui, fait très bien la différence.
Bien sûr, il y a la fatigue de trop retenir. De trop penser. De trop contrôler. De trop se couper de ce qu’on sent.
Mais il y a aussi la fatigue d’avoir été là pour de vrai. Celle d’avoir répondu présent. D’avoir donné de l’attention, du goût, du geste, du cœur.
Celle-là n’a pas la même texture.
Elle alourdit un peu les jambes, bien sûr. Mais elle desserre autre chose. Elle ramène du sommeil profond. Elle calme le bruit intérieur. Elle fait comme un bon rangement discret dans son temple intérieur.
Cette semaine m’a rappelé ça : on ne se repose pas seulement en faisant moins. On se repose aussi quand on est simplement au bon endroit.
3. Ce que le cru m’enseigne encore
Quand le cru arrive dans l’assiette, il n’y a pas de place pour la triche.
Il demande de la présence. Il demande de sentir. Il demande de composer avec ce qui est là, avec la matière, avec l’instant, avec le Vivant.
Pas de gros rideau. Pas de sur-cuisson pour rattraper. Pas de camouflage.
Il faut alors tenir une ligne tout en laissant du jeu. Mêler la cohérence et l’agitation. La minutie et le lâcher-prise. La beauté et les figures libres.
Et je crois que c’est tout ça qui me transporte tant à chaque fois.
Parce qu’au fond, ce n’est pas seulement une façon de manger. C’est une façon d’habiter le corps, le geste et la pensée. De faire corps avec ce qui est impermanent plutôt que contrôler ou résister.
Cette semaine, le cru ne m’a pas seulement nourri. Il m’a rappelé une posture simple, évidente.
Ne pas durcir quand ça s’intensifie. Ne pas se refermer quand ça bouge. Laisser passer, ajuster, respirer, continuer.
4. (Exercice Vivant) Laisser redescendre sans s’éteindre
Durée : 8 minutes
Cet exercice est là pour accompagner l’après. Quand quelque chose a beaucoup circulé, il ne s’agit pas de couper net. Il s’agit de laisser revenir doucement.
(Minute 1) S’asseoir pour de vrai
Assieds-toi sans écran, sans tâche, sans divertissement.
Pose les pieds au sol.
Laisse le poids descendre.
(Minutes 2 à 3) L’expiration qui allonge
Inspire tranquillement par le nez.
Expire par la bouche un peu plus longtemps que tu n’inspires.
Sans forcer, comme si tu embuais une vitre.
Juste assez pour dire au corps : on peut redescendre maintenant.
(Minutes 4 à 5) Scanner ce qui reste
Passe ton attention dans trois zones :
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le front
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la gorge
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le ventre
Demande-toi, sans répondre trop vite :
Qu’est-ce qui s’est apaisé ?
Qu’est-ce qui reste encore en mouvement ?
(Minutes 6 à 7) Mains poitrine-ventre
Pose une main sur le ventre, l’autre sur la poitrine.
Laisse-toi sentir la différence entre :
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Ce que tu portes encore
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Ce qui est déjà en train de quitter le corps
Rien à régler. Juste remarquer. En présence.
(Minute 8) Une phrase simple
Choisis une phrase et laisse-la se déposer :
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Ça peut redescendre sans disparaître
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Je peux être fatigué sans être éteint
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Ce qui a circulé peut maintenant se poser
5. (Recette Vivante) Salade de retour au calme
Pour 2 personnes
Une assiette fraîche, croquante, minérale, avec assez de douceur pour accompagner l’après-intensité sans tasser.
Ingrédients
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1 avocat mûr
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1 petite courgette
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1 pomme verte
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1 poignée de roquette
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1 petite poignée de graines germées
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1 citron
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2 c. à soupe d’huile d’olive
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1 c. à soupe de graines de courge
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quelques feuilles de menthe
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sel, poivre
Préparation
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Coupe la courgette en rubans fins.
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Coupe la pomme et l’avocat en petits dés.
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Mélange dans un saladier avec la roquette et les graines germées.
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Assaisonne avec le jus de citron, l’huile d’olive, le sel, le poivre.
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Ajoute la menthe ciselée et les graines de courge au dernier moment.
Vertus
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Avocat : gras doux, stabilité, satiété calme
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Courgette : légèreté, antioxydant, stimulation
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Pomme : douceur, hydratation, énergie
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Graines germées : élan vivant, minéraux, relief
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Menthe + citron : clarté, fraîcheur, circulation
Intention
Une assiette qui ne demande pas d’exploit. Juste de continuer à nourrir ce qui veut rester vivant, sans lourdeur.
6. Porte ouverte
Ce que j’aime transmettre dans ma pratique : quand on remet du Vivant dans l’assiette, on ne change pas seulement ce qu’on mange.
On change aussi sa manière d’habiter ses gestes et son énergie.
Cette semaine, en remettant au propre le menu que j’ai servi à Montpellier, je me suis dit que c’était peut-être la plus belle façon d’ouvrir la suite.
Parce que ces recettes-là, bien réelles, bien vivantes, servies dans le mouvement, la présence et la joie, seront les premières à entrer dans ma formation :
J’y rassemblerai peu à peu bien plus que des recettes. J’y mettrai aussi des fiches pratiques, des repères simples, des conseils, des astuces, et surtout une manière de comprendre le Vivant au fil des saisons, sans rigidité ni folklore.
Autrement dit :
si tu as envie d’aller plus loin que cette Revue,
de refaire ces assiettes et ces plats,
de t’approprier cette approche,
et de remettre plus de vrai, plus de cru, plus de conscience dans ton quotidien,
alors c’est là que ça continue.
Pour l’instant, l’entrée est encore toute douce. Et elle évoluera au rythme de ce que j’ajouterai dans la formation.
Si tu sens l’appel, on en parle avec plaisir. Et si tu sais déjà, tu peux rejoindre l’aventure dès maintenant :
→ Moi aussi je veux Manger Vivant (même en milieu urbain) toute l’année !
Entre toi et moi
Je crois que cette semaine m’a fait du bien à un endroit plus profond que prévu.
Pas parce qu’elle a été confortable ou facile. Mais parce qu’elle a remis du mouvement là où quelque chose commençait peut-être à se figer.
C’est ça, la danse de nos énergies. Et elles aiment quand on danse avec elles.
La semaine prochaine, on poursuivra ce fil avec une énergie un peu différente : moins l’émotion qui cherche un passage, et davantage ce qui commence à vouloir se stabiliser sans se durcir.
D’ici là, repose-toi bien. Et garde un peu de place pour ce qui te nourrit vraiment.
— Dada
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Le Vivant qui me plaît n’a pas besoin de paillettes
Ce qui revient quand on remet du Vivant
Transformer tes blessures et soutenir ton terrain
Une Revue qui s’affirme 😊
(Chapitre 15) Respirer sans forcer
Nettoyer en douceur
(13) 🌱 Laisser revenir sans forcer
(🎁 C13.2) Ouvrir sans pousser
Faites la mue, pas la guerre
11. S’ouvrir sans se disperser (tu l'entends le printemps ?)
Aperçu du Chapitre 11, "S'ouvrir sans se disperser"
10. Comme un poisson sans nageoires
Préparer le dégel intérieur
Prélude au Chapitre 9
Avant même de répondre, j’étais déjà contracté.
(C8) Réparer en mouvement
#07. Faire moins, sentir mieux
Demande à ton corps, c'est peut-être l'occasion (mes promotions !)
#06. Les chelous tranquilles et Vivants