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Le corps se retire parfois avant même qu’on s’en rende compte

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3 days ago
La revue Vivante
L'exercice vivant
✭ Rendez-vous

Une bien belle idée, mais somme toute un peu à l’arrache

Dimanche, j’ai lancé une idée, juste comme ça.

Une idée plutôt légère, parce qu’elle arrive tard, qu’elle n’est pas parfaitement ficelée, et surtout parce qu’elle sent déjà la pastèque, la rivière et les dodos sous la tente.

Début juillet, je serai dans les Cévennes avec mes enfants.
Et je me dis que ça pourrait être bien sympa de vivre ça ensemble.

L’idée n’est pas de rentrer dans la case “retraite bien-être”.
Mais plutôt de tester une petite expérience de lien et de chaleur humaine.
Avec notamment de la pastèque au programme.

L’idée est juste de passer quatre jours dehors.
Manger vivant.
Se baigner.
Respirer.
Rire un peu plus fort que d’habitude.
Et se rappeler ce que ça fait, d’être simplement là.

Je crois que cette idée me travaille autant parce que je vois, partout, le même petit mouvement.

Des corps qui se rétractent peu à peu.

Tu es peut-être beaucoup trop souvent devant des écrans.
Les épaules un peu trop hautes.

Ou dans ta cuisine, à te préparer une tisane sans vraiment être là.

Ou dans le métro.
Ou juste avant un appel.
Ou en train de faire semblant que “ça va, c’est juste une grosse semaine”.

Le souffle devient chaque fois plus court.
Le ventre se compresse.
Les mains se referment un peu.
Le regard descend.

Ce n’est pas forcément parce qu’il y a un danger énorme.

C’est souvent parce qu’il y a trop de choses à tenir :
une journée dense,
une réponse attendue,
une fatigue déjà ancienne,
une conversation qu’on ne sait pas comment traverser.

Alors le corps réduit la voilure.

Il sait faire ça très bien.

Le problème, c’est quand il ne sait plus comment revenir.


L’instant réclame

Pour éviter que votre corps n’implose discrètement entre deux réunions,
les Laboratoires du Vivant™ vous proposent :

RESPIRIUM LP®
Air à libération prolongée.

MARCHATOL®
Comprimés pelliculés de promenade lente.

SOLARAX 5000®
Gélules de lumière du jour.

PASTÈQUOL®
À prendre très frais, idéalement au bord d’une rivière.


J’espère que ma petite blagounette t’a fait sourire.

Bien qu’elle ne soit pas si éloignée d’une certaine réalité.

Parce qu’au fond, ce qui me dépasse, c’est qu’on a rendu suspectes les choses simples.

Respirer.
Marcher.
Ouvrir les mains.
Prendre la lumière.
Partager de bons moments.
Manger quelque chose qui vient de la terre.
Ne pas se rétracter avant même d’entrer dans une pièce.

On croit parfois que prendre de la place demande de grands gestes.

Une nouvelle assurance.
Une posture très droite.
Une voix qui ne tremble jamais.
Un abonnement à la salle aussi pourquoi pas.

Mais non.

Prendre de la place peut être beaucoup plus modeste.

C’est ouvrir les mains avant de répondre.
C’est laisser les bras s’écarter un peu au lieu de rester collés au buste.
C’est faire un pas qui ne s’excuse pas d’exister.
C’est expirer avant d’entrer quelque part.

Ce n’est pas une technique pour devenir impressionnant.
C’est une manière de rappeler au corps qu’il n’a pas besoin de se comprimer pour tenir.

Un petit exercice tout doux

Si tu te sens comme à l’étroit dans ton propre corps, essaie ça maintenant :

  • Ancre tes pieds au sol.

  • Ouvre les mains.

  • Inspire sans exagérer.

  • Laisse les bras se lever lentement sur les côtés.

  • Puis expire longuement.

  • Et ramène-les le long du corps.

  • Encore deux fois.

  • À la troisième ouverture, reste comme ça un instant.

Sans essayer de corriger quoi que ce soit.

Juste pour sentir la différence entre être serré et être pleinement là.

Peut-être que tu sentiras qu’il ne se passe presque rien.

Et c’est très bien.

Les gestes minuscules n’ont pas besoin de faire du bruit pour compter.

Ils créent parfois une marge.

Et dans cette marge, tu peux répondre autrement.
Marcher autrement.
Parler autrement.
Revenir un peu plus à toi, à ton corps.

C’est un peu ça que j’imagine dans les Cévennes.

Pas un groupe qui viendrait réparer ses traumas.

Mais un endroit où l’on n’aurait pas besoin de se retenir aussi fort.

Une rivière.
Des fruits à volonté.
Des baignades.
Des discussions qui viennent quand elles viennent.
Des silences qui ne gênent personne.
Des respirations simples.
Des corps qui bougent.
Des enfants qui voient des adultes rire, préparer, marcher, se baigner et exister sans être pressés.

J’ai vécu des espaces de groupe qui m’ont vraiment nourri et apaisé.

Pas parce que quelqu’un venait avec les solutions que j’attendais.

Mais parce qu’à plusieurs, avec de la présence, de la confiance et quelques respirations bien placées, certaines armures deviennent tout à coup moins nécessaires.

Un groupe peut parfois devenir une berge.

Tu arrives avec ce que tu portes.

Tu te poses.

Personne ne te tire.
Personne ne te pousse.

Mais tu sens que tu n’es plus seul dans ce courant.

Et à mon tour j’ai envie de proposer ça.

À ma manière.

Sans folklore.
Sans injonction.
Sans phrases toutes faites.

Juste une expérience profondément humaine et vivante.

De la nourriture crue.
De la rivière.
Du corps.
Du lien.
Et vraiment beaucoup de pastèques.

Je te propose de vivre cette aventure du 7 au 11 juillet (quatre jours). Oui, c’est dans moins de deux semaines.

Je ne sais pas si ça va prendre, ni à quoi ça ressemblera.

Et ce côté imprévisible me plaît beaucoup.
Il oblige à lâcher (je sais que tu vois ce que je veux dire).

J’ai hâte de voir qui répondra à l’appel.

Si tu sens que ça vibre (que tu viennes ou non), viens faire coucou sur l’Événement que j’ai créé sur facebook et me dire ce que ça t’évoque :
https://fb.me/e/kenlliRuW


Pour cette fin de semaine, n’essaie pas de devenir autre chose que toi-même.
Essaie seulement d’arrêter de te réduire avant même d’arriver.

Et garde cette phrase pour te le rappeler :

Je prends mon espace sans prendre toute la place.

— Dada

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