Avant de chercher PLUS d’énergie, commence par en perdre MOINS. (NL 23)
Cette fatigue qui ne dit pas son nom
Ta Revue Vivante du vendredi | Semaine 23 | Temps de lecture : 8 minutes
Il y a une fatigue très particulière dont on ne parle quasiment jamais.
Pas la fatigue de fin de journée. Pas celle après une grosse semaine. Ni celle qui t’invite à regarder bouche ouverte dans le vide 5 minutes.
Une fatigue plus fine, plus subtile.
Celle qui arrive après avoir été trop disponible. Trop vite. Trop souvent. Trop pour les autres.
Cette fatigue dont on peut vraiment ne pas faire attention au début.
Dire oui parce que je suis comme ça. Sourire pour faire bonne figure. Se mettre dans l’ambiance. Écouter / assurer / ajuster. Montrer que c’est ok.
Et puis, sans événement dramatique, à un moment tu te retrouves comme vide.
C’est pas forcément visible. Tu te sens juste… en dehors de toi.
Comme si on avait laissé une fenêtre béante toute la journée dans ton système nerveux.
Recharge difficile. Courant d’air intérieur. Feuilles volantes dans la tête.
Et tu finis par te dire que tu manques peut-être un peu d’énergie.
Peut-être.
Mais parfois, il est utile de creuser un peu plus loin.
Le vrai sujet n’est bien souvent pas ton manque d’énergie. C’est cette fuite que tu n’as pas réparée.
Quand l’énergie fuit par petits bouts
Il y a des journées où l’énergie est bien là au départ.
Pas forcément en mode comète. Mais elle est là.
Apaisante. Humaine. Normale.
Mais la journée te la grignote petit bout par petit bout.
Un message. Petite tension. “Oui bien sûr.”
Une sollicitation. Pas urgente. Mais tu es là pour ça.
Une discussion. Un morceau de son stress déposé chez toi. Comme on laisse un sac sur le perron.
Ton entrée intérieure commence à bien saturer.
Puis une réunion. Tu es là. Parce qu’il le faut.
De l’extérieur, t’es super sympa. À l’intérieur, les nuages gris s’amoncèlent.
Écouter. Anticiper. Paraître cool. Garder le lien. Ne pas déranger. En façade : “tout va bien”. Mais tu retiens un gros soupir.
Et à 16h c’est le coup de barre. C’est pas vraiment que tu en as trop fait. C’est surtout que tu as trop souvent oublié de t’habiter.
S’ouvrir, oui. Devenir un hall de gare, non.
Dans Continuum*, on clôture le Chapitre 23 : S’ouvrir au dehors.
C’est beau, dit comme ça.
On s’imagine la fenêtre ouverte et les papillons. Mais dans la vraie vie, s’ouvrir au dehors n’est pas toujours bucolique.
Les notifications. Les demandes. Les “tu peux juste… ?” Les invitations qui fatiguent avant même de répondre. Les gens qu’on aime, mais qui prennent beaucoup de place. Les opportunités qui arrivent avec un sac à dos de contraintes. Les conversations qui commencent par “petite question rapide”…
Alors cette semaine on a pratiqué pour tenter de répondre à cette vraie question :
Comment m’ouvrir sans devenir un hall de gare ?
Parce qu’un corps ouvert sans appui devient poreux.
Et un corps poreux finit par appeler ça “manque d’énergie”, alors qu’il fuit par toutes les micro-brèches du quotidien.
La fuite d’énergie, ce n’est pas forcément un grand drame.
C’est rarement spectaculaire.
C’est plutôt minuscule.
Tu dis oui trop vite. Tu réponds sans te consulter. Tu expliques alors que tu n’as pas envie. Tu souris alors que ton corps recule. Tu te rends disponible avant d’avoir senti si tu l’es. Tu prends une tension qui ne t’appartient pas. Tu acceptes un truc “pour éviter que ce soit compliqué”.
Et à chaque fois, un petit bout de toi sort de la pièce.
Pas parce que tu ne sais pas poser de limites. Mais parce que ton corps a appris quelque part que le lien se garde comme ça.
En étant facile. En gardant le sourire.
Alors tu t’ouvres.
Mais sans seuil.
Et une maison sans seuil, ce n’est pas une maison ouverte.
C’est un passage public.
La limite commence avant les mots
Si tu te reconnais un peu dans tout ça, la suite risque de piquer un peu :
Le corps ne fatigue pas seulement à cause de ce qu’il fait. Il fatigue aussi à cause de ce qu’il laisse entrer sans choix.
Ce qui épuise, ce n’est pas toujours l’action.
C’est l’absence de filtre.
Répondre à une sollicitation n’est pas forcément fatigant. Répondre sans présence ni entrain, oui.
Aider n’est pas forcément fatigant. Aider en s’oubliant, oui.
Être ouvert n’est pas forcément fatigant. Être disponible à tout, oui.
La limite, dans Continuum*, n’est pas une muraille.
Ce n’est pas devenir indisponible par défaut. C’est créer une limite vivante qui commence par l’écoute du corps.
Un resserrement. Un recul. Un souffle qui se coupe. Une nuque qui se tend. Une fatigue soudaine. Un “non” presque inaudible mais déjà là.
La limite, c’est souvent ton corps qui chuchote avant que ton mental négocie.
Et le problème, c’est que tu as pris l’habitude de n’écouter que le mental qui veut souvent “bien faire”.
Il plaide pour l’autre. Pour la paix. Pour le bon point. Pour la performance. Pour le “ça va, je peux gérer”.
Alors que le corps, lui, n’arrête pas de te chuchoter :
“Là, c’est trop.” ”Stop svp.” ”Allo ?”
Rabiboche-toi avec ton corps.
Lui sait.
Il sait quand ce n’est pas le bon moment. Quand ton oui est un mauvais réflexe. Quand tu n’as pas la place. Quand ça va te coûter.
Réapprends à voir les petites lumières rouges sur le tableau de bord.
Montre à ton corps qu’il peut enfin compter sur toi.
Reprends contact avec toi-même.
Le corps garde la trace de chaque moment où tu as senti non et fait oui. De chaque moment où tu as senti pause et forcé. De chaque moment où tu as senti trop et souri quand même.
Le risque, c’est que tu appelles ça un jour fatigue chronique, saturation, irritabilité, besoin de silence, envie de disparaître sous une couette ou encore grève de la parole.
Pour éviter d’en arriver là, rappelle-toi juste de ça :
Tu n’as pas besoin de plus d’énergie.
Tu as besoin d’en perdre moins.
Le geste minuscule qui change tout
Je te propose ce geste minuscule qu’on a pratiqué cette semaine dans le groupe :
Avant de répondre, ressens intensément tes points d’appuis.
Oui, c’est tout.
En faisant ça, tu fais quelque chose de profondément subversif dans un monde qui nous veut toujours plus réactif :
→ Tu reviens dans ton corps avant de te rendre disponible.
→ Tu remets ton système nerveux dans la conversation.
→ Tu crées un petit espace entre la sollicitation et le vieux réflexe.
→ Tu ne laisses plus le dehors entrer sans frapper.
Juste fais-le.
Un message. Une demande. Une sollicitation.
Ne réponds pas tout de suite et ressens tes appuis.
Regarde autour de toi.
Expire longuement.
Et demande à ton corps :
Est-ce que je peux ?
Est-ce que j’ai envie ?
Est-ce que c’est ok ?
Est-ce que je me respecte ?
Peut-être que tu répondras oui.
Très bien.
Mais ce sera un oui avec toi dedans.
Peut-être que tu répondras plus tard.
Magnifique.
Le monde survivra probablement. Même Gégé de la compta.
Peut-être que tu répondras non.
Et là, ton corps fera peut-être un truc étrange.
Il respirera à nouveau.
Au point que ton mental cessera peut-être de s’en vouloir.
C’est tout le bien que je te souhaite.
Une porte. Pas une forteresse.
Ton temple intérieur a besoin d’une porte.
Pas d’une forteresse.
Juste une porte.
Une poignée. Un seuil. Un temps de réponse. Un dedans qui existe avant le dehors.
C’était ça, notre quête du Chapitre 23.
Pas se fermer au monde.
Mais apprendre à ouvrir depuis un endroit où on habite encore.
S’ouvrir au dehors, oui.
Mais pas comme une fuite de soi.
Comme un geste vivant.
Revenir avant de répondre
Aujourd’hui, je ne te propose pas de tout régler. Juste de repérer une fuite. Une seule.
Et de revenir.
Pieds.
Regard.
Souffle.
Choix.
Même 20 secondes comptent.
Même une réponse retardée compte.
Même un “je te redis” compte.
Même sentir que c’est trop, sans encore savoir quoi faire, compte.
Parce que c’est déjà le corps qui revient dans la pièce.
Et peut-être que c’est par là que commence une énergie plus juste.
Pas plus grande. Juste moins trouée.
Moins dispersée dans toutes les directions pour que tout le monde se sente bien sauf toi.
Tu peux t’ouvrir.
Tu peux aimer.
Tu peux répondre.
Tu peux participer.
Tu peux être là pour les autres.
Tu peux sortir, créer, contribuer, rejoindre, accueillir.
Mais tu n’as pas à disparaître pour que ce soit fluide.
Tu n’as pas à devenir un courant d’air pour être aimable.
Tu n’as pas à t’éparpiller pour convenir à tout le monde.
Une porte suffit pour appeler ça à nouveau “Ma maison”.
Si cette Revue t’a fait du bien, partage-la à quelqu’un qui dit trop souvent “oui oui, pas de souci”.
On va remettre quelques portes dans les maisons béantes. Et ça va faire beaucoup de bien.
La revue Vivante (abonne-toi et rejoins la tribu)
Le corps se retire parfois avant même qu’on s’en rende compte
Tu peux prendre un peu plus de place
Cette semaine Fred a ouvert la porte. Et c’est déjà une belle leçon.
Je sens que quelque chose prend peau
Ta paix n’est pas un luxe. C’est ton bureau des admissions.
Tu n’as pas à (te) prouver que tu vas mieux
Le self-care en mode contrôle fiscal, c’est stop
Cette semaine, on évite de se traiter comme un problème à régler.
#20. On peut être en feu sans se brûler
Le Vivant qui me plaît n’a pas besoin de paillettes
Transformer ses émotions en matière intérieure
Ce qui revient quand on remet du Vivant
Transformer tes blessures et soutenir ton terrain
Une Revue qui s’affirme 😊
(Chapitre 15) Respirer sans forcer
Nettoyer en douceur
(13) 🌱 Laisser revenir sans forcer
(🎁 C13.2) Ouvrir sans pousser
Faites la mue, pas la guerre